• On rigole 5 min…

     

    On rigole 5 min…

    Jour de permanence ; C’est le jour du premier accueil dans mon, dispositif, je reçois les gens qui me sont orientés par pôle emploi. Et malgré toute la sympathie que j’ai pour certaines de mes collègues, parfois j’ai envie de crier « mais vous allez un peu arrêter de vous foutre de ma gueule ?! »

     

    J’ai l’impression parfois d’être la « poubelle » de pôle emploi, on nous envoie tous les cas les plus désespérés.

     

    Debbie, un exemple ! ok, j’argumente !

     

    En arrivant à ma perm, je vois un monsieur à l’accueil et intérieurement je prie pour qu’il ne soit pas pour moi. Parce qu’avec le physique du Monsieur, c’est mission impossible. Je n’étais pas installée de 30 secondes que je vois le « charmant » monsieur entrer dans la salle de perm.

     

    « Youpi ! » j’ai crié en mon for intérieur.

     

    Alors je vous décris le cas. Monsieur n’a pas travaillé depuis 2009. Il boite, il a un œil qui ne voit presque plus, il sent mauvais (je l’ai reçu à 9H00 du matin), il parle très mal (il bouffe la moitié de ses mots et s’exprime en grande partie avec des onomatopées). Pas de diplôme, gros problème de santé (et d’alcool, mais pas exprimé clairement, enfin, ça se sent quand on n’est pas enrhumée). Pour faciliter la tâche, il n’est pas mobile et pour couronner le tout il réside dans une ville où le taux de chômage doit frôler les 75%. Il n’y a, dans cette ville, qu’une usine et quelques commerces qui n’embauchent pas des résidents de ladite ville car ils ont pour réputation d’être des fainéants. Youhouu, il cumule un grand nombre de combos ce monsieur !!! La tâche s’avère plus que compliquée !!!

     

    On est d’accord, je n’ai aucun pouvoir magique, je ne fais pas de miracle ni d’autres choses du genre. Alors pourquoi on m’envoie ce monsieur ?

     

    Que vais-je bien pouvoir faire de plus qu’un conseiller pôle emploi sur un cas comme celui-là ? Ben rien ! J’ai vu avec ce monsieur qui préfère s’occuper des ses problèmes de santé pour le moment. Et bim !  Retour à la cas départ.

     

     On nous prend pour la poubelle de pôle emploi (en tout cas c’est le cas sur mon territoire), on nous envoie tous ceux dont on ne veut pas.

     

    Le système est très mal fait, on doit absolument entrer dans une case : demandeur d’emploi ou pas. On s’en fout de savoir si vous êtes TH, au RSA, Maman seule avec des enfants, avec un bras qui ne fonctionne plus… Il faut entrer dans les cases. Or sur le terrain c’est une autre paire de manches. Il y a des gens qui trainent des pathologies comme la schizophrénie et qui ne sont pas détectés comme tels, des malades alcooliques (parce que c’est un fléau, c’est une maladie, et c’est en vente libre !), des gens qui ont des problèmes de santé handicapants et qui ne sont pas reconnus par la MDPH… Et puis il y a ceux qui sont très bien au chômage, qui ne cherchent pas de travail et qui se foutent de toi parce que toi tu te lèves tous les jours à 6H30 pour aller bosser et que grâce à toi ils peuvent toucher leur RSA. Ça c’est une chose qu’on m’a dite en me regardant droit dans les yeux. (Attention, je ne dis pas que toutes les personnes qui sont au RSA raisonnent comme ça.)

     

    Bref, comment moi, petite conseillère en insertion pro, je fais pour atteindre les objectifs exorbitants qu’on nous fixe, si je n’intègre que des cas comme le monsieur que j’ai reçu récemment ? C’est impossible.   

     

    Parfois j’aimerai que les Grands Décideurs demandent aux petits comme moi ce que nous pensons et quelles sont les solutions pour faire évoluer la situation dans le bon sens. Je ne dis pas que j’ai la solution, mais il y a certainement des choses à faire pour que ça aille dans le bon sens. Il y a quand même des gens qui bossent tellement à des postes de merde, qu’ils en perdent l’usage d’un membre, et à côté de ça il y a des gens qui végètent chez eux et qui fraudent à mort (CAF, APL, resto du cœur, …). Moi je dis qu’il y a un problème que qu’on va droit dans le mur.

     

    Hasta la vista

     

     


  • Commentaires

    1
    Jeudi 22 Février à 13:06

    C'est malheureux mais il y a vraiment des cas irrécupérables. Ce type espérait
    sûrement que tu ne lui dégotes pas un boulot... il y a belle lurette qu'il ne sait
    plus ce que sait que le boulot... pour lui boulot, c'est le nom d'un arbre... le bouleau.

    Je comprends que les associations préfèrent s'occuper des immigrés, ils ont
    espoir de les voir évoluer, alors qu'avec des chômeurs de longue durée,
    c'est mission quasi impossible...

    Pas terrible ta reprise finalement
    Et pendant ce temps, que deviennent les travaux dans ta cuisine, ça avance ?

    Bon courage
    Bises
    Marie

     

    2
    Lundi 5 Mars à 11:54

    Perso, quand je dois bosser avec des cas (mais je le concède, ils sont moins "cas" que les tiens!) je me dis que c'est parce que je suis à la hauteur! Si moi-même j'étais un cas ou une merde, on ne me refilerait pas des cas. ça vaut ce que ça vaut...mais ça met du beaume au coeur.

    Bon courage et bonne journée

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