• Pas de vague.

     

    Pas de vague.

    C’est le mot d’ordre, il ne faut surtout pas que l’on pense que le système scolaire français va mal. Pourtant il va mal, voire même très mal, et cela fait des années que ça dure.

     

    J’ai eu l’occasion de travaillé dans un collège pendant 5 ans. C’était un collège de campagne mais il était doté d’un internat et de ce fait nous récupérions les élèves virés par conseil de disciplines de leur établissement. Résultat des courses, en France, quand quelque chose ne va pas, on déplace le problème et on se voile la face.

     

    Pendant cet emploi jeune qui portait à l’époque le nom pompeux « d’aide éducateur » qui littéralement veut dire que nous devions aider les éducateurs, donc les profs. Mais ça c’est de l’utopie, car il faut le savoir dans beaucoup de collèges, on ne mélange pas les torchons et les serviettes. Les « surveillants » ne sont que des surveillants. Petite anecdote au passage : j’étais chargé de passer dans les salles de classe récupérer les cahiers d’appel pour vérifier les absences. Lorsque je tape à la porte d’un prof de maths (un gros con misogyne) et que j’entre, les élèves se lèvent pour me souhaiter la bienvenue (ce qui se faisait à l’époque, je ne sais pas si c’est encore le cas). Et là je l’entends dire aux gamins « non rasseyez-vous, ce n’est qu’une surveillante ! ». Quel connard !

     

    Bref, ce n’est qu’un petit exemple de la « solidarité » qu’il y a dans les établissements du second degré.

     

    Donc disais-je, j’en ai vu défiler des gamins ballottés de collège en collège, j’en ai vu des gamins insulter, taper, fuguer, … Je me souviens d’une gamine de 5ème (donc de 13 ans) qui taillait des pipes dans les toilettes des garçons. Un gamin de la région parisienne qui s’était pointé au collège aves des poids et des altères (il était bâti comme un homme), un gamin qui au bout d’une semaine à péter les plombs parce qu’à la campagne il y a encore un minimum d’autorité et de respect. Il avait du mal à entrer dans le moule car « à Paris, les surveillants ne nous parlent pas comme ça, de toute façon s’ils le font on les défonce ». Alors à force de se faire recadrer, coller, exclure de cours il a chopé un prof par le col et a voulu le taper. Une fois dans le bureau du principal, il est devenu fou, il a mis son poing dans le mur (il a fait un trou), il a commencé à insulter, à vouloir se sauver. A tel point qu’on a dû appeler les gendarmes. Il était incontrôlable, à tel point que les gendarmes n’ont pas eu d’autre moyen que de le menotter. Le gamin est parti en insultant de « fils de pute, j’vais te buter » le principal. Quelques jours après la maman a débarquée au conseil de discipline de son fils avec son avocat et la presse pour crier au scandale !

     

    Mais on marche sur la tête là. Et je pense que le problème vient de là ! L’éducation des enfants. L’éducation ce sont les parents qui ont ce rôle, les enseignants sont là pour enseigner une matière, pas pour faire la police, régler des conflits, ... Dans le collège où j’étais une prof de SEGPA (pour les enfants en grosse difficulté) a un jour attrapé un gamin par le pull (au niveau du haut de la manche) en lui demandant de se calmer. Elle ne l’a pas tapé, elle ne lui a pas fait mal, n’a pas été irrespectueuse…Elle voulait juste qu’il se calme. Le lendemain matin le père s’est pointé avec un fusil et lui a collé le canon sous la gorge en lui disant « si tu touches encore à mon fils je te tue » (elle a été arrêtée 6 mois pour dépression).

     

    Alors qu’est-ce qu’on fait ?

     

    On arrête avec l’enfant roi, on arrête de le mettre au centre de tout, l’enfant fait parti d’un tout. Ce tout existait avant son arrivée et l’enfant doit être intégré au tout, et en faire partie, pas en devenir le centre.

     

    Je me souviens qu’à l’école primaire, mon institutrice m’a attrapé une fois par la joue, parce que j’étais en train de recopier un mot de dictée que j’avais mal orthographié, j’étais en train de recopier la correction avec la même faute. Donc pour me stipuler que je reproduisais la même erreur, elle m’a tiré la joue. Ça fait mal, mais ça m’a permis de m’apercevoir de mon erreur, de retenir la correction et de ne pas avoir envie de recommencer. Et si j’avais eu le malheur de le dire à mes parents, j’aurais eu à coup sûr le même mot à copier une bonne cinquantaine de fois. Pour mes parents, l’enseignant était celui qui savait, et il fallait le respecter et ne pas remettre en question son savoir-faire.   

     

    Maintenant on remet en question les enseignants à tout bout de chant. On n’a plus le droit de toucher un élève (très pratique lorsqu’ils se battent, pour les séparer c’est du pur bonheur), on n’a plus le droit de confisquer un téléphone portable (même si certains osent encore le faire, et je trouve ça légitime), donc le métier d’enseignant se résume à venir dispenser un savoir tout en se faisant braquer, insulter, taper…

     

    A quel moment peut-on garder la vocation ?

     

    Certains profs font de la résistance, j’ai une amie qui est prof d’EPS, Elle enseignait dans un collège assez dur du sud de la France, un gamin la faisait bien chier, il foutait en l’air tous ses cours, il essayait de l’intimider. Elle a donc commencé par un cycle boxe, et le premier combat était le gars en question et elle. Elle lui a mis la misère, car elle pratique la boxe depuis longtemps. Résultat, elle a obtenu le respect du gars et il lui a laissé une paix royale.

     

    En revenant sur les images qui ont circulé du gars qui tient en joue sa prof pour qu’elle le mette présent. Mettons-nous un instant à la place de cette prof, que ferions-nous ? Personnellement je l’aurais mis présent, et je l’aurais laissé partir. Ensuite j’aurais prévenu ma hiérarchie (qui n’aurait rien fait de probant) et j’aurais démissionné. Du coup pas de vague, on déplace le problème et tout le monde est content. Mais au bout du compte, comment fera-t-on quand tous les gens qui croient encore un peu à la transmission du savoir seront tous désabusés et démissionnaires ? Comment est-il possible qu’un élève arrive à entrer dans un établissement scolaire avec une arme (même si ce « n’était qu’un pistolet à billes » ça reste une arme). A quel moment on peut trouver normal de braquer une autre personne et qu’en plus ce soit filmé par d’autres élèves et que ça les fasse rire ? Si c’était mon gamin qui avait fait ça (d’abord, ça ne serait pas possible, il n’est pas assez débile pour ça, il sait ce qui est bien et mal), je pense que je pourrai devenir violente (même si la violence ne règle rien) mais je suis certaine qu’il prendrait une rafale de doigts dans la face.

     

    A quel moment les parents ont-ils démissionné de leur rôle d’éducateur? Elever un enfant n’est pas une mince affaire, on ne le met pas dans un coin avec un écran et un accès internet pour être tranquille. Je sais qu’il y a des familles mono parentales et que c’est compliqué.  J’ai travaillé dans une association dans les quartiers de ma ville, les quartiers dit « difficiles ». J’ai rencontré une maman, elle avait 6 enfants (que des garçons), tous de père différent et évidemment, les pères se sont fait la malle les uns après les autres. Cette dame a renouvelé le même schéma 6 fois de suite, à chaque fois elle croyait que c’était la bonne. Que le mec resterait et l’aiderait, mais à chaque fois, il partait. Elle n’avait aucune autorité sur ses enfants après l’âge de 10 ans, elle lâchait prise. Si bien que la loi à la maison c’étaient ses garçons de 14 et 16 ans qui la faisait « régner ». Quand on parle de loi, on devrait dire anarchie. Je craint même que cette maman se faisait battre par ses propres enfants.

     

    Je pense que les bases et les cadres doivent être posés très jeune. Le bonjour, merci, s’il te plait, ne pas couper la parole, ne pas faire la vie au magasin parce que maman n’a pas voulu acheter un jouet, … Je pense qu’on peut aimer très fort son enfant et lui dire non. La frustration est essentielle dans le bon développement d’un être humain. Savoir passer au-delà d’un refus, sans péter un câble, c’est la base même de la civilisation. Et pourtant on s’en éloigne de plus en plus.

     

    Je finirai sur une phrase de mon prof de psycho qui nous avait expliqué de façon métaphorique le développement de l’enfant et l’importance du parent :

     

    « Un enfant c’est comme un arbre, si le tuteur n’est pas droit, il part dans tous les sens ».

     

    Hasta la vista.

     


  • Commentaires

    1
    Lundi 29 Octobre 2018 à 10:00

    Plein de pensées ...

    Bizzzzzzzzzzz ma copine . 

     

    2
    Jeudi 13 Décembre 2018 à 18:18

    Coucou Debbie,
    Comment vas-tu ?
    Je ne suis plus très présente sur mon blog depuis que je me suis cassée le poignet
    gauche début Octobre. J'étais grimpée sur une chaise qui a glissée.
    45 jours de plâtre avec deux broches et un moral au plus bas
    Je m'en voulais beaucoup car je savais pertinemment que cette chaise était instable.

    Maintenant que le plâtre est enlevé j'essaie de faire des séances de Kiné.
    Je n'en ai eu que deux à ce jour, (depuis le 23 novembre) ici les Kinés sont débordés.
    Je fais donc des exercices toute seule comme une grande.

    Tout fiche le camp ma Debbie, notre système scolaire et celui de la santé.

    Bon essayons malgré tout, (attentat et gilets jaunes), de garder l'esprit de Noël.

    Je te souhaite une bonne soirée.
    Bises
    Marie

    3
    Mardi 18 Décembre 2018 à 19:05

    Coucou, y'a quelqu'un ?
    Allo, allo y'a de la friture, que fais-tu, m'entends-tu ?
    Trêve de plaisanterie, je m'aperçois que je n'ai même pas
    commenté ton article. L'éducation nationale, comme le système de santé
    français sont en pleine déroute. J'admire ces étudiants (es) qui veulent devenir
    instituteurs, médecins, ou infirmières... faut vraiment avoir la foi dans la peau
    et croire à un meilleur avenir.

    J'espère ma p'tite Debbie que tu vas bien ainsi que ta p'tite famille
    et que tu prépares Noël dans la joie et la bonne humeur.

    A te lire très bientôt.
    Bises

     

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